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Cotisations

Charges de l'auto-entrepreneur du ménage : le vrai décompte

« Et les charges, ça mange combien ? » — la question qui fait hésiter tous les lancements. Réponse honnête : moins que ce qu'on craint, et surtout, rien qui tombe quand vous ne travaillez pas. Le décompte complet, ligne par ligne.

Lecture : 9 minMis à jour le 21 août 2026Guide MicroMénage

01Les 21,2 % : ce qu'ils financent, ligne par ligne

Le grand malentendu des « charges » vient du monde des sociétés classiques, avec leurs frais fixes qui tombent même les mauvais mois. La micro-entreprise a inversé la logique : pour un auto-entrepreneur dans le ménage, presque tout est un pourcentage de ce que vous encaissez. Détaillons ce que ce pourcentage finance — et les deux ou trois exceptions à connaître.

Le ménage à domicile relève des prestations de services commerciales et artisanales (BIC). Sur chaque encaissement, vos cotisations sociales (environ 21,2 %) financent une vraie protection — ce n'est pas de l'argent perdu, c'est votre statut social :

Ce que financent vos cotisationsCe que ça vous donne
Maladie-maternitéRemboursements de soins, indemnités journalières, congé maternité
Retraite de base et complémentaireDes trimestres validés selon votre chiffre d'affaires déclaré — votre futur se construit à chaque déclaration
Invalidité-décèsPension en cas de coup dur, capital pour les proches
Allocations familiales, CSG-CRDSLa solidarité nationale, comme tout actif
Source : URSSAF — cotisations du micro-entrepreneur

S'y ajoute une contribution à la formation professionnelle (0,1 %-0,3 % selon la nature de l'activité) — qui vous ouvre en retour des droits à formation. Les taux exacts en vigueur sont sur le site officiel de l'URSSAF : vérifiez-les au moment de vous lancer, ils évoluent régulièrement.

À retenir : environ 21,2 % de cotisations, plus 0,1 %-0,3 % de contribution formation, uniquement sur ce que vous encaissez. Pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations — mais la déclaration reste due, même à zéro.

Et en première année ? Avec l'ACRE, vos cotisations ne sont plus de 21,2 % mais de 15,9 % — l'exonération est passée de 50 % à 25 % le 1ᵉʳ juillet 2026. ACRE 2026 : ce que ça change, chiffres en main.

02Versement libératoire ou imposition classique : comment choisir ?

Le versement libératoire permet, lorsque vous y êtes éligible, de payer l'impôt sur le revenu lié à votre activité en appliquant un pourcentage (1,7 %) directement sur votre chiffre d'affaires. Mais ce dispositif n'est pas automatiquement plus avantageux.

Le choix dépend notamment de votre éligibilité au dispositif, du revenu fiscal de référence de votre foyer, de vos autres revenus, de la composition de votre foyer fiscal, de votre niveau global d'imposition et de votre situation personnelle. Deux personnes réalisant exactement le même chiffre d'affaires avec leur micro-entreprise peuvent donc avoir intérêt à faire des choix différents.

Option A — le versement libératoire (1,7 % du chiffre d'affaires)

Vous payez l'impôt lié à l'activité en même temps que vos cotisations, à taux fixe. Sur 2 500 € de chiffre d'affaires mensuel : 42,50 € au titre de l'impôt, sans régularisation ultérieure sur ce revenu. L'option est soumise à une condition de revenu fiscal de référence et se demande dans les délais prévus.

Option B — le barème classique avec abattement de 50 %

Sans l'option, l'administration retient la moitié de votre chiffre d'affaires comme revenu imposable (abattement forfaitaire de 50 % des prestations BIC), intégré au barème progressif avec les autres revenus du foyer. Le montant d'impôt dépend alors de l'ensemble de la situation fiscale du foyer.

À retenir : ne choisissez pas le versement libératoire uniquement parce que votre foyer est imposable ou non imposable. Comparez les deux modes d'imposition en fonction de votre situation fiscale globale.

MicroMénage présente ici le fonctionnement général du régime. Pour une décision adaptée à votre situation personnelle, vous pouvez vous rapprocher de l'administration fiscale ou d'un professionnel compétent.

03La CFE : ce qu'elle est vraiment — et ses exonérations

La cotisation foncière des entreprises est la seule charge qui ne dépend pas d'un pourcentage de votre chiffre d'affaires : elle est appelée en décembre, sur une base minimale fixée par votre commune. La première année de création, la micro-entreprise est exonérée de CFE. À partir des années suivantes, la CFE peut en principe devenir due. Plusieurs exonérations existent toutefois, et l'une d'elles concerne directement les professionnelles du ménage exerçant seules.

À retenir : Trois mécanismes distincts, à ne pas confondre : l'exonération de l'année de création, l'exonération applicable sous conditions aux très faibles chiffres d'affaires, et l'exonération permanente de l'article 1452 du Code général des impôts pour certaines activités artisanales essentiellement manuelles.

CFE : vous pouvez être exonérée même après la première année

La CFE n'est pas forcément une charge annuelle pour toutes les professionnelles du ménage. L'article 1452 du Code général des impôts prévoit une exonération permanente de CFE pour certains travailleurs indépendants lorsque leur activité repose principalement sur leur travail manuel. Cette exonération peut notamment concerner une professionnelle indépendante du ménage qui exerce personnellement son activité et remplit les conditions prévues par l'administration fiscale.

Pour pouvoir entrer dans ce dispositif, plusieurs critères doivent être respectés :

  • le travail manuel doit être prépondérant dans l'activité ;
  • l'activité ne doit pas reposer sur la spéculation ou la revente importante de matières premières ;
  • le matériel et les installations utilisés ne doivent pas représenter une source importante de rémunération par rapport au travail personnel ;
  • l'activité est en principe exercée seule, sous réserve des concours expressément admis par l'article 1452 et la doctrine fiscale.

Pour une professionnelle qui réalise elle-même des prestations de ménage au domicile de ses clients, avec du matériel courant et sans salarié, ces critères peuvent donc être pertinents. Attention : le simple rattachement au secteur des métiers et de l'artisanat (inscription au Registre national des entreprises à ce titre) ne suffit pas à établir l'exonération — l'administration fiscale apprécie l'éligibilité au regard de la situation réelle d'exercice.

Vous avez reçu un avis de CFE ?

Si vous pensez remplir les conditions d'une exonération mais qu'un avis de CFE a été émis, rapprochez-vous de votre service des impôts des entreprises (SIE) afin de lui demander l'examen de votre situation et, le cas échéant, l'application de l'exonération correspondante. La décision appartient à l'administration fiscale.

  • Année de création : exonération de CFE la première année d'activité ;
  • Faible chiffre d'affaires : exonération applicable lorsque les conditions légales correspondantes sont remplies (5 000 € de chiffre d'affaires ou de recettes) ;
  • Activité artisanale essentiellement manuelle : exonération permanente possible au titre de l'article 1452 du Code général des impôts, lorsque les conditions propres à ce régime sont remplies ;
  • Une déclaration initiale (formulaire 1447-C) est à déposer l'année de création — anticipez-la pour faire valoir correctement votre situation.
CasCFE due ?
Année de créationNon — exonération liée au démarrage de l'activité
Chiffre d'affaires ou recettes ≤ 5 000 €Non, si les conditions légales de cette exonération sont remplies
Activité de ménage exercée personnellement, travail manuel prépondérantPeut être exonérée sous conditions (article 1452 du CGI) — appréciation par l'administration fiscale
Années suivant la création, hors exonérationOui, base minimale fixée par la commune
Source : service-public.fr — cotisation foncière des entreprises

Source : article 1452 du Code général des impôts et BOFiP BOI-IF-CFE-10-30-10-90 — Exonération de CFE des activités artisanales et assimilées.

04Ce qu'on croit payer… et qu'on ne paie pas

  • La TVA : en dessous du seuil de franchise (37 500 € de chiffre d'affaires, tolérance jusqu'à 41 250 €), vous facturez sans TVA — mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » et prix nets pour vos clients ;
  • Un comptable : non obligatoire — un livre des recettes et un compte dédié suffisent ;
  • Des cotisations minimales : aucune — contrairement à d'autres statuts d'indépendant, pas de forfait qui tombe les mois à zéro ;
  • Des frais de création : les démarches sont gratuites sur les sites officiels (formalites.entreprises.gouv.fr) — seul un accompagnement privé comme le nôtre est payant, par choix de confort.

05Le calendrier d'une année type

QuandQuoiCombien
Chaque mois ou trimestreDéclaration de chiffre d'affaires et prélèvement URSSAFenviron 21,2 % (+ 1,7 % si versement libératoire) du chiffre d'affaires déclaré
Mai-juinDéclaration de revenus du foyer (le chiffre d'affaires se reporte, même avec le versement libératoire)Selon l'option choisie
Décembre (années suivant la création)CFE, si elle est dueBase minimale communale — sauf exonération, notamment sous conditions au titre de l'article 1452 du CGI

C'est tout. Pas de bilan, pas de liasse fiscale, pas d'acomptes surprises — la simplicité de ce calendrier est précisément ce qui fait de la micro-entreprise le statut roi du ménage à domicile. Pour visualiser votre net selon vos hypothèses : notre simulateur de revenus.

06Vos questions

Quelles charges paie un auto-entrepreneur qui fait des ménages ?

Environ 21,2 % de cotisations sociales et 0,1 %-0,3 % de contribution à la formation professionnelle sur le chiffre d'affaires encaissé, 1,7 % de versement fiscal libératoire si l'option est prise, et éventuellement la CFE à partir des années suivant la création — plusieurs exonérations existent, notamment sous conditions pour certaines activités artisanales essentiellement manuelles (article 1452 du CGI).

Versement libératoire ou abattement de 50 % ?

Le versement libératoire (1,7 %) et le barème classique avec abattement de 50 % ne se comparent pas sur un seul critère : éligibilité, revenu fiscal de référence, autres revenus et composition du foyer entrent en jeu. Comparez les deux modes d'imposition selon votre situation fiscale globale, et rapprochez-vous de l'administration fiscale ou d'un professionnel en cas de doute.

Paie-t-on la CFE la première année ?

Non, l'année de création est exonérée. À partir des années suivantes, la CFE peut en principe devenir due, mais plusieurs exonérations existent : chiffre d'affaires ou recettes ne dépassant pas 5 000 € lorsque les conditions légales sont remplies, et surtout exonération permanente possible, sous conditions, pour certaines activités artisanales essentiellement manuelles (article 1452 du Code général des impôts). En cas d'avis de CFE, demandez l'examen de votre situation à votre service des impôts des entreprises.

Des charges tombent-elles même sans chiffre d'affaires ?

Non pour les cotisations (proportionnelles au chiffre d'affaires, déclaration à zéro obligatoire). Seule la CFE peut être due après la première année, et encore : une professionnelle exerçant seule peut être concernée par une exonération sous conditions.