Cotisations

Charges de l'auto-entrepreneur du ménage : le vrai décompte

« Et les charges, ça mange combien ? » — la question qui fait hésiter tous les lancements. Réponse honnête : moins que ce qu'on craint, et surtout, rien qui tombe quand vous ne travaillez pas. Le décompte complet, ligne par ligne.

Lecture : 9 minMis à jour le 18 août 2026Guide MicroMénage

01Les 21,2 % : ce qu'ils financent, ligne par ligne

Le grand malentendu des « charges » vient du monde des sociétés classiques, avec leurs frais fixes qui tombent même les mauvais mois. La micro-entreprise a inversé la logique : pour un auto-entrepreneur dans le ménage, presque tout est un pourcentage de ce que vous encaissez. Détaillons ce que ce pourcentage finance — et les deux ou trois exceptions à connaître.

Le ménage à domicile relève des prestations de services commerciales et artisanales (BIC). Sur chaque encaissement, vos cotisations sociales (environ 21,2 %) financent une vraie protection — ce n'est pas de l'argent perdu, c'est votre statut social :

Ce que financent vos cotisationsCe que ça vous donne
Maladie-maternitéRemboursements de soins, indemnités journalières, congé maternité
Retraite de base et complémentaireDes trimestres validés selon votre chiffre d'affaires déclaré — votre futur se construit à chaque déclaration
Invalidité-décèsPension en cas de coup dur, capital pour les proches
Allocations familiales, CSG-CRDSLa solidarité nationale, comme tout actif
Source : URSSAF — cotisations du micro-entrepreneur

S'y ajoute une contribution à la formation professionnelle (0,1 %-0,3 % selon la nature de l'activité) — qui vous ouvre en retour des droits à formation. Les taux exacts en vigueur sont sur le site officiel de l'URSSAF : vérifiez-les au moment de vous lancer, ils évoluent régulièrement.

À retenir : environ 21,2 % de cotisations, plus 0,1 %-0,3 % de contribution formation, uniquement sur ce que vous encaissez. Pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations — mais la déclaration reste due, même à zéro.

02Versement libératoire ou abattement : le choix qui change votre impôt

Pour l'impôt sur le revenu, deux voies — et le bon choix dépend d'une seule question : votre foyer est-il imposable ?

Option A — le versement libératoire (1,7 % du chiffre d'affaires)

Vous payez votre impôt en même temps que vos cotisations, à taux fixe, et c'est soldé définitivement. Sur 2 500 € de chiffre d'affaires mensuel : 42,50 € d'impôt, point final, aucune régularisation. Avantageux si votre foyer est imposable — simple, prévisible, souvent moins cher que le barème. L'option est soumise à un plafond de revenu fiscal de référence.

Option B — le barème classique avec abattement de 50 %

Sans l'option, l'administration ne retient que la moitié de votre chiffre d'affaires comme revenu imposable (l'abattement forfaitaire de 50 % des prestations BIC), intégré au barème avec les autres revenus du foyer. Indispensable si votre foyer n'est pas imposable : avec le versement libératoire, vous paieriez 1,7 % d'impôt… alors que vous n'en devez aucun. C'est l'erreur la plus coûteuse et la plus fréquente des débutantes.

Exemple : 24 000 € de chiffre d'affaires annuel. Option A : 408 € d'impôt, quoi qu'il arrive. Option B : 12 000 € ajoutés au revenu imposable du foyer — soit 0 € d'impôt si le foyer reste non imposable, ou davantage si le foyer est déjà dans une tranche haute. Le choix se raisonne, il ne se copie pas sur la voisine — et il peut être modifié pour l'année suivante.

03La CFE : la seule charge « fixe » — et ses exonérations

La cotisation foncière des entreprises est l'exception à la règle du pourcentage : due chaque année en décembre, sur une base minimale fixée par votre commune (souvent quelques centaines d'euros). Trois soupapes :

  • L'année de création est exonérée (exonération de CFE la première année d'activité) — vous ne la découvrirez qu'en décembre de l'année suivante ;
  • Chiffre d'affaires inférieur ou égal à 5 000 € par an : exonération pérenne — les toutes petites activités d'appoint ne la paient pas ;
  • Une déclaration initiale (formulaire 1447-C) est à déposer l'année de création — anticipez-la pour bénéficier correctement de l'exonération.
CasCFE due ?
Année de créationNon — exonération
Chiffre d'affaires annuel ≤ 5 000 €Non — exonération pérenne
Au-delà, dès la deuxième annéeOui, base minimale fixée par la commune
Source : service-public.fr — cotisation foncière des entreprises

04Ce qu'on croit payer… et qu'on ne paie pas

  • La TVA : en dessous du seuil de franchise (37 500 € de chiffre d'affaires, tolérance jusqu'à 41 250 €), vous facturez sans TVA — mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » et prix nets pour vos clients ;
  • Un comptable : non obligatoire — un livre des recettes et un compte dédié suffisent ;
  • Des cotisations minimales : aucune — contrairement à d'autres statuts d'indépendant, pas de forfait qui tombe les mois à zéro ;
  • Des frais de création : les démarches sont gratuites sur les sites officiels (formalites.entreprises.gouv.fr) — seul un accompagnement privé comme le nôtre est payant, par choix de confort.

05Le calendrier d'une année type

QuandQuoiCombien
Chaque mois ou trimestreDéclaration de chiffre d'affaires et prélèvement URSSAFenviron 21,2 % (+ 1,7 % si versement libératoire) du chiffre d'affaires déclaré
Mai-juinDéclaration de revenus du foyer (le chiffre d'affaires se reporte, même avec le versement libératoire)Selon l'option choisie
Décembre (dès l'an 2)CFEBase minimale communale, sauf exonération

C'est tout. Pas de bilan, pas de liasse fiscale, pas d'acomptes surprises — la simplicité de ce calendrier est précisément ce qui fait de la micro-entreprise le statut roi du ménage à domicile. Pour visualiser votre net selon vos hypothèses : notre simulateur de revenus.

06Vos questions

Quelles charges paie un auto-entrepreneur qui fait des ménages ?

Environ 21,2 % de cotisations sociales et 0,1 %-0,3 % de contribution à la formation professionnelle sur le chiffre d'affaires encaissé, 1,7 % de versement fiscal libératoire si l'option est prise, et la CFE à partir de la deuxième année.

Versement libératoire ou abattement de 50 % ?

Foyer imposable : le versement libératoire (1,7 %) est souvent gagnant. Foyer non imposable : surtout pas — vous paieriez un impôt indu. L'option se modifie pour l'année suivante.

Paie-t-on la CFE la première année ?

Non, l'année de création est exonérée. Ensuite : chaque décembre, base minimale communale — avec exonération pérenne si le chiffre d'affaires reste inférieur ou égal à 5 000 € par an.

Des charges tombent-elles même sans chiffre d'affaires ?

Non pour les cotisations (proportionnelles au chiffre d'affaires, déclaration à zéro obligatoire). Seule la CFE peut être due dès la deuxième année, sauf exonération.